The Lord Will

Foi et santé émotionnelle

Si Dieu change le cœur, que doit faire le croyant ?

Grâce, foi, responsabilité et action concrète à partir d'Ézéchiel 36. Comment la foi reçoit le don sans devenir passivité, et pourquoi les moyens de soin peuvent faire partie de la providence.

Par Ugo Candido9 min de lecture

Note de sécurité. Ce guide propose une étude biblique et une application pastorale. Il ne constitue pas une évaluation médicale ou psychologique et ne remplace pas l'aide d'un professionnel. La foi n'est pas un substitut au soin : n'interromps pas de toi-même un traitement. Si tu es en danger immédiat ou si tu as des pensées suicidaires, cherche immédiatement de l'aide : appelle le numéro d'urgence local, rends-toi aux urgences les plus proches ou contacte un service de crise officiel de ton pays.

Ceci est le deuxième guide de la série sur Ézéchiel 36. Le premier guide a montré que la transformation commence par Dieu. La question devient maintenant : si le changement décisif est l'œuvre de Dieu, que reste-t-il à faire au croyant ?

En bref

Ézéchiel 36 attribue à Dieu le changement décisif. Le croyant ne peut pas se fabriquer un cœur nouveau, mais cela ne le rend pas passif. La foi reçoit la promesse, consent à la vérité et coopère en accomplissant le pas possible. L'obéissance ne produit pas la grâce : elle commence à vivre ce que la grâce rend possible.

La consolation pour celui qui n'arrive pas à changer

L'une des expériences les plus douloureuses du croyant en difficulté est de connaître ce qu'il devrait faire sans réussir à produire le désir, la paix ou la constance nécessaires.

Il peut savoir qu'il devrait pardonner, mais continuer à ressentir de la rancune. Il peut savoir qu'une relation est terminée, mais se sentir encore dominé par l'attachement. Il peut savoir que Dieu est fidèle, mais ne pas réussir à éprouver de la sécurité. Il peut savoir qu'il devrait demander de l'aide, mais se sentir paralysé par la honte.

Ézéchiel 36 ne répond pas par un simple ordre d'intensifier l'effort. Dieu dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau ».

Cette promesse reconnaît implicitement une limite : l'être humain peut discipliner de nombreux comportements, mais il ne peut pas ordonner directement à son centre intérieur de devenir vivant. Il ne peut pas créer par la seule volonté une confiance qu'il ne possède pas encore.

La foi commence donc non par l'autosuffisance, mais par l'aveu :

« Je ne peux pas transformer seul le point d'où naissent mes réactions. Dieu peut agir là où moi je n'arrive pas. »

La foi ne produit pas le don : elle le reçoit

La foi n'est pas une force psychologique qui oblige Dieu à réaliser le résultat désiré. Ce n'est pas la pensée positive, l'intensité émotionnelle ou la certitude ininterrompue.

La foi biblique est confiance dans la personne et dans la promesse de Dieu. Elle peut être forte ou hésitante. Marc 9:24 conserve une prière honnête : "Je crois, viens au secours de mon incrédulité!" (S21).

Cela empêche une dangereuse transformation de la foi en performance :

  • « Si je souffre encore, c'est que je n'ai pas assez cru. »
  • « Si le médicament m'est utile, c'est que ma foi est faible. »
  • « Si je retombe dans un comportement, c'est que Dieu n'agit pas. »
  • « Si je ne ressens pas de paix, c'est que la promesse ne vaut pas pour moi. »

Aucune de ces conclusions ne découle nécessairement d'Ézéchiel 36. La maturation spirituelle peut être graduelle ; les symptômes cliniques peuvent avoir une évolution indépendante des sensations religieuses ; la foi peut exister à l'intérieur de la peur, et non seulement après que la peur a disparu.

Le paradoxe d'Ézéchiel 18 et 36

Ézéchiel contient une tension importante.

Au chapitre 18, Dieu ordonne : "Débarrassez-vous de toutes les transgressions que vous avez commises! Faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau!" (Ézéchiel 18:31, S21).

Au chapitre 36, il promet : "Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau" (Ézéchiel 36:26, S21).

Le premier texte souligne la responsabilité : le peuple doit abandonner le mal. Le second souligne le don : Dieu doit produire la transformation décisive.

Il n'est pas nécessaire d'aplatir la tension. Elle exprime deux vérités bibliques :

  1. la personne est réellement appelée à répondre ;
  2. la capacité de répondre fidèlement dépend de la grâce de Dieu.

Ézéchiel 36 emploie un langage très fort : Dieu fera marcher le peuple selon ses prescriptions. Certains interprètes y voient une accentuation presque déterminante de l'efficacité divine. D'autres le lisent dans le cadre plus large de la relation d'alliance et de la réponse humaine. Le verset, à lui seul, ne doit pas être transformé en une théorie complète du libre arbitre. Son point sans équivoque est que la restauration ne dépendra pas de la seule force morale d'Israël.

Le parallèle de Philippiens 2:12-13

Paul exprime une tension semblable :

"… mettez en œuvre votre salut avec crainte et profond respect. En effet, c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire pour son projet bienveillant."

— Philippiens 2:12-13 (S21)

Le croyant agit, mais l'action ne naît pas d'une autonomie absolue. Dieu opère dans le vouloir et dans l'agir.

La grâce n'entre pas en concurrence avec l'action humaine comme si Dieu faisait un pourcentage et la personne le reste. Dans la logique du texte, Dieu rend possible une réponse authentiquement humaine. La personne ne devient pas une marionnette : elle recouvre la capacité de vouloir et d'agir selon le bien.

Réception, consentement et coopération

Le rôle du croyant peut être décrit par trois mots.

Réception

Je reconnais que le cœur nouveau est un don. Je n'ai pas à mériter le commencement de l'œuvre de Dieu.

Consentement

Je permets à la vérité de m'atteindre. Je cesse de défendre automatiquement tout ce que Dieu montre comme faux, idolâtre ou destructeur.

Coopération

J'accomplis le pas concret que la grâce rend possible : je demande pardon, je respecte une limite, je suis un traitement, j'interromps un comportement, je cherche conseil, j'accepte de ne pas contrôler une personne ou une issue.

Cette coopération n'achète pas la grâce. Elle est la forme concrète de la réponse.

« Dieu s'occupera du reste » : quand est-ce vrai

Cette expression est saine lorsqu'elle signifie :

« Dieu est la source, le guide et l'accomplissement de la transformation. Je n'ai pas à me sauver moi-même. »

Elle devient spirituellement dangereuse lorsqu'elle signifie :

« Je n'ai rien à faire tant que Dieu ne modifie pas toutes mes émotions et circonstances. »

Une personne peut utiliser la providence comme alibi pour éviter des décisions difficiles. Elle peut prier pour être délivrée d'une dépendance tout en continuant à garder accès à la substance. Elle peut demander la paix en restant volontairement dans un environnement abusif. Elle peut attendre une guérison miraculeuse en refusant une évaluation urgente.

La foi n'autorise pas l'inertie face à un devoir clair ou à un danger concret.

Les moyens de soin et la providence

Foi et moyens de soin ne sont pas des catégories concurrentes. Une personne peut croire que Dieu agit et, précisément pour cela, utiliser de manière responsable ce qui est disponible :

  • médecin généraliste ;
  • psychologue ou psychothérapeute qualifié ;
  • psychiatre ;
  • médicaments prescrits ;
  • communauté ecclésiale saine ;
  • amitiés fiables ;
  • sommeil, alimentation et routine ;
  • protection légale ou sociale dans une situation abusive.

La théologie chrétienne de la providence a traditionnellement reconnu que Dieu peut agir au moyen de causes et d'instruments ordinaires. Refuser un moyen approprié n'est pas automatiquement une plus grande foi.

Quand la foi est utilisée pour culpabiliser

Certaines phrases religieuses peuvent aggraver la souffrance :

  • « Tu dois seulement t'abandonner davantage. »
  • « Un vrai croyant n'aurait pas de crises de panique. »
  • « La dépression est de l'ingratitude. »
  • « Tu n'as pas besoin de thérapie, tu as besoin de Dieu. »
  • « Si tu prends des psychotropes, tu ne fais pas confiance à l'Esprit. »

Ces affirmations confondent des catégories différentes et peuvent retarder des soins nécessaires. La Bible présente des croyants qui connaissent la peur, le désespoir, le deuil, la fatigue et le désir de mourir ; elle n'autorise pas à déduire un diagnostic spirituel à partir d'un symptôme.

La correction chrétienne peut être nécessaire lorsqu'il existe péché, mensonge ou irresponsabilité. Mais elle ne doit pas inventer une culpabilité là où il faut une évaluation, un soin et de la compassion.

Marta : de la prière magique à la foi agissante

Marta priait : « Seigneur, si tu m'aimes, fais que demain je ne ressente plus rien ». Elle considérait chaque retour de la douleur comme une preuve d'échec spirituel.

Un accompagnement plus sain lui a proposé une prière différente :

« Seigneur, je ne peux pas commander à mon cœur de guérir aujourd'hui. Je te demande d'agir en moi. En attendant, montre-moi le pas fidèle que je peux accomplir. »

Ce pas ne fut pas spectaculaire. Marta a pris rendez-vous avec une psychologue, a cessé de contrôler les profils de la personne dont elle s'était séparée et a dit à une amie que les soirées étaient devenues difficiles.

Ces actions n'étaient pas des alternatives à la foi. Elles étaient la forme concrète que la foi prenait ce jour-là.

Comment distinguer foi et passivité

La foi tend à produire :

  • un plus grand contact avec la réalité ;
  • une capacité d'accepter des limites ;
  • une responsabilité pour ses propres actions ;
  • une disponibilité à recevoir de l'aide ;
  • une persévérance sans prétention de contrôle ;
  • une obéissance possible dans le présent.

La passivité spiritualisée tend à produire :

  • un report indéfini ;
  • une négation des risques ;
  • une dépendance à des signes extraordinaires ;
  • un refus des moyens ordinaires ;
  • une déresponsabilisation ;
  • l'attribution à Dieu de décisions que la personne ne veut pas assumer.

Une règle simple

Le croyant ne doit pas seulement se demander : « Dieu fera-t-il quelque chose ? ». Il doit aussi se demander :

« Quel acte de vérité, d'amour et de responsabilité est déjà devant moi ? »

Une formulation équilibrée est celle-ci :

Le croyant ne refait pas son propre cœur ; il le confie à Dieu. La foi reçoit le don, l'obéissance commence à le vivre et les moyens de soin peuvent faire partie de la providence par laquelle Dieu soutient la personne.

Pour la prière et la pratique

Complète ces trois phrases :

  1. « La part que je n'arrive pas à changer seul est… »
  2. « Le moyen d'aide que je refuse ou que je remets à plus tard est… »
  3. « Le pas fidèle et vérifiable que je peux accomplir d'ici demain est… »

Poursuis la série

Sources et références


Textes bibliques tirés de la Bible Segond 21, © 2007 Société Biblique de Genève. Tous droits réservés.

Auteur:
Ugo Candido
Relu par:
Équipe éditoriale de The Lord Will, Révision éditoriale
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